Vegetalisation saussaye
Biodiversité urbaine
Mobilité
Publié le 4 février 2016

Projets "verts" : vraiment écolo ?

Analyse de Cycle de Vie (ACV) et la végétalisation des infrastructures

Dès la fin du XXème siècle, la montée des préoccupations environnementales dans l’opinion publique a fait apparaître au sein d’organisations des pratiques de greenwashing. Avec pour objectif de renvoyer une image écologique responsable, ce procédé au nom clairement péjoratif est critiqué pour le manque d’objectivation des performances vertes des actions valorisées. Pourtant, des outils d’objectivation existent. Citons le plus systémique : l’Analyse de Cycle de Vie (ACV), méthodologie d’évaluation multicritère environnementale normalisée ISO 14040 et 14044, qui permet de quantifier à travers une sélection d’indicateurs les performances d’un système, que celui-ci soit un service, un produit ou encore un procédé.

Néanmoins, l’ACV est encore relativement peu utilisée pour guider l’action publique. Dans le domaine des transports, des outils de comparaisons de techniques routières basés sur une ACV souvent tronquée, les éco-comparateurs ECORCE, SEVE et Variways, sont quelquefois mis à contribution dans les procédures d’appel d’offre, mais cela n’a rien de systématique. Dans les autres domaines des transports, si des commandes privées d’évaluation sur cycle de vie ont été passées, elles n’en demeurent pas moins rares, et restent souvent confidentielles.

La chaire de recherche ParisTech-Vinci est un mécénat quinquennal du groupe industriel qui finance les travaux de trois écoles – l’Ecole des Ponts, des Mines, et d’AgroParisTech – autour de la thématique commune de l’éco-conception des ensembles bâtis et des infrastructures. Notre étude menée en 2015 sur l’évaluation environnementale de leurs projets de Bus à Haut Niveau de Service en Martinique par ACV a été l’occasion de nous rendre compte de certains biais dans l’approche. En effet, ce projet a permis d’aménager des espaces verts autour de la ligne de transport, mais cette création d’espaces verts ne transparait qu’à travers les impacts environnementaux négatifs liés à leur mise en œuvre. Si ces impacts sont bien réels, il n’en demeure pas moins que tous les impacts – positifs et négatifs – de cette végétation en phase de vie en œuvre ou fin de vie ne sont pas captés par la méthodologie, telle que nous l’avons exploitée.

Face à ce constat, deux questionnements principaux nous sont apparus : premièrement, en l’état actuel des connaissances, dans quelle mesure pourrait-on tenir compte de la phase d’usage des espaces vertes des projets d’aménagement, particulièrement en milieu urbain ? Ensuite, est-ce que l’ACV pourrait être un outil adapté pour éclairer l’action publique dans les choix de végétalisation comme dans ceux de sa gestion ?

Nous invitons le lecteur à prendre connaissance de l’approche de ces questions adoptée par le groupe d’analyse de l’action publique du mastère spécialisé afférent de l’Ecole des Ponts ParisTech que nous avons encadré sur ce sujet.

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À propos de l'auteur

Anne photo pro

Anne de Bortoli

Ingénieur de recherche à l'Ecole des Ponts et Chaussées, je travaille dans le cadre de la Chaire Vinci-ParisTech sur la performance holistique des modes de transport, avec un focus particulier sur les stratégies d'entretien des routes

Date de publication

4 février 2016

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